Notule

#Leonarda RESF en cause : mise au point

 

L’édition du Figaro du 17/10/2013 titrait : « Leonarda : RESF et l’enseignante avaient donné leur accord à l’expulsion » et dans le corps de l’article :

« Selon un telex interne de la police aux frontières (PAF), dont Le Figaro a eu connaissance et qui fut rédigé bien avant que la polémique sur l’affaire Léonarda n’éclate – mais avant l’expulsion de la jeune Kosovare – les fonctionnaires de la PAF du Doubs ont récupéré la jeune fille en accord avec l’enseignante encadrant la sortie scolaire du 9 octobre mais aussi en parfait accord avec le représentant du Réseau éducation sans frontières (RESF) présent sur place, en bas du car, devant le collège Lucie Aubrac de Doubs. » [c’est moi qui souligne]

N’étant pas sur place et ne connaissant pas les personnes mentionnées, je ne dirais rien de l’implication de l’enseignante.

En revanche, participant à RESF depuis 2006 (sur Paris), je suis en mesure d’apporter un éclairage nettement différent à ce « scoop » qui trahit une méconnaissance profonde des nouvelles formes d’activisme qu’a rendu possible Internet.

RESF est un réseau de collectifs autonomes qui s’entraident et se coordonnent grâce à Internet

Formellement RESF est sans personnalité juridique, donc sans « responsable » ; sans structure, donc sans « représentant ».
Il n’y a pas de « ligne politique » définie ce qui permet de fédérer tout le spectre de la gauche et même au delà…

Cette légèreté de fonctionnement permet la synergie de mobilisations de nature, d’intensité et de durée fort différentes selon les disponibilités et les affinités des uns et des autres.

Elle a été une force lorsque, par exemple l’inénarrable Frédéric Lefebvre voulait « faire interdire RESF », après que le réseau a été mis en cause lors de l’incendie du Cra de Vincennes : interdire des citoyens, ce n’est pas facile dans un État de droit ;-)

En revanche, l’absence de structure rend problématique, l’engagement du réseau tout entier, c’est-à-dire du nom RESF, lors de toute signature de texte ou d’action. C’est pourquoi, l’engagement est presque toujours celui d’un collectif d’RESF local.

Les membres sont seulement unis, en particulier lors de luttes autour de famille ou d’individu précis, dans la réalisation de deux missions : empêcher les expulsions d’étrangers Sans-papiers, par tout moyen non-violent et obtenir leur régularisation, notamment en sollicitant tout moyen juridique.

Or, dans l’affaire Leonarda, Gérard Guinot (membre du PS) qui se réclame d’RESF et (selon la Police) qui aurait facilité l’expulsion (sic) de la jeune fille, semble avoir agi seul.

Il résulte de tout ce que je viens de rappeler que son action n’engage que lui seul !

Finalement, il est surprenant qu’il ait fallu attendre près de 10 ans pour que quelqu’un, se revendiquant d’RESF, ait agi à rebours de tout ce pour quoi se mobilisent les membres du réseau !…


Emaux
(18 octobre 2013)

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