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L’obsolescence programmée existe, je l’ai rencontrée…

 

L’obsolescence programmée suscite des débats passionnés et rencontre des résistances notamment de la part d’économistes, d’autant plus surprenantes qu’elle est une condition rationnelle de toute production industrielle, ce que savent les véritables ingénieurs dont l’invention se doit d’être orientée par les contraintes de coût. Il est vrai qu’en France, la pensée technique est l’objet d’un mépris de classe et les Bertrand Gille ou Gilbert Simondon, des marginaux superbement ignorés tant les Heideggeriens à la pensée magique technophobe ont pignon sur rue…

Pourtant l’obsolescence est une réalité accessible à tous. En voici quelques exemples variés :

Le célèbre « T-shirt à 1 € » des économistes néo-libéraux

Il y a encore vingt ans, il ne manquait aucun économiste médiatique pour justifier la délocalisation de la confection vers l’Asie par les coûts de main d’œuvre trente fois moins cher tout en s’abstenant de publier le diagramme de formation des prix de ce secteur (comme celui des autres secteurs concurrentiels) – données plus secrètes que les conversations privées d’Angela Merkel…

Ce que se gardaient bien de dirent aussi les acteurs du secteur, c’est que la qualité du fil utilisé est considérablement moins résistante – conséquence des économies drastiques sur la production – de sorte que la confection de masse sortant des ateliers chinois ne dure que quelques années et a fait disparaître une grande partie du marché de la friperie, contraignant Emmaüs à développer une filière de recyclage (déchiquetage) de ces vêtements en un matériau d’isolation thermique le Métisse® !

 L'isolant thermique Métisse© à base de fibre de coton issue de vêtements usagers

Différentes présentations de l’isolant thermique Métisse© à base de fibre recyclée de coton issue de vêtements usagers

Incidemment, cela démontre la faible part de la main d’œuvre, et de la production de façon générale, dans le prix final !

En apparence, il s’agit ici d’une obsolescence résultant « d’opportunité » de fabrication plutôt que de conception mais en réalité il s’agit, là comme ailleurs, d’une question d’économies cachées, d’économies inavouables, d’où le malaise à communiquer sur ces questions…

Je laisse le soin aux écologistes de faire le bilan du nouveau circuit de production de vêtements par rapport à l’ancien, plus durable…

L’économie des imprimantes jet-d’encre

De prime abord, le marché des imprimantes à jet d’encre semble le contre-exemple par excellence, où programmer l’obsolescence du matériel n’a pas de sens économique. En effet, un rapide calcul montre que les fabricants d’imprimantes vivent grassement de la vente des cartouches d’encre dont l’encre se négocie bien plus cher qu’un Chambertin 2006 : à 1000€ le litre (chacun à les références techniques qu’il veut ;-) alors que l’imprimante elle-même est, de toute évidence, vendue à perte.

Sauf que ce modèle n’est économiquement viable qu’à la condition que les clients s’approvisionnent exclusivement chez les fabricants des imprimantes. Or, le marché juteux des cartouches fait des envieux et il ne faut qu’un couple d’années pour voir fleurir des fournitures « compatibles » ou bien des méthodes de recyclage individuels (contournant les problèmes juridiques de contrefaçon) ruinant le modèle économique du secteur…

Or, le cœur de cette technologie réside dans les têtes d’impression, amovibles, certes, mais dont le coût de remplacement n’est jamais inférieur à 150€, soit beaucoup plus que la plupart des imprimantes. Il suffit donc qu’elles rendent l’âme au bout de 3-4 ans pour contraindre les clients à racheter une nouvelle imprimante sur un marché qui entre temps a renouvelé le format des cartouches, dotés de nouveaux – et incompatibles avec les anciens – dispositifs de protection et le tour est joué !

Ce marché est le type même du cauchemar écologique, puisque les fabricants imposent de jeter toute une imprimante après seulement quelques années à cause d’un élément, certes de haute technologie électromécanique mais qui ne constitue qu’une petite partie du tout. Quant aux cartouches, elles cachent le prix exorbitant de l’encre qu’elles contiennent en les sous-dimensionnant, ce qui impose de jeter prématurément un boîtier plastique épais – sans parler de la pollution intrinsèque des encres résiduelles dans la mousse de régulation*…

C’est aussi un exemple de ce qu’on peut appeler le capitalisme de cigarettiers (ou de semenciers), i.e. où le client devient dépendant du fabricant par l’acte « libre » d’achat, où cet acte devient source d’aliénation. J’y reviendrai, ultérieurement…

L’exemple de l’électronique analogique

Il y a une vingtaine d’années, l’électronique était encore massivement analogique. Tout bon électronicien savait que pour évaluer le coût d’un circuit, il suffisait de compter le nombre de condensateurs (sans même se soucier de leurs capacités), tant le prix de ce composant surpasse celui des autres. En outre, le condensateur est l’élément qui vieillit le plus mal (il est sensible aux conditions mécaniques : vibrations, etc, et climatiques : température, hygrométrie) et le plus vite…

Sans entrer dans des considérations techniques de fiabilité qui sortiraient du cadre de ce modeste billet, rappelons seulement que l’espérance de vie d’un condensateur décroît avec la tension électrique à laquelle il est soumis (dite tension de service), jusqu’à devenir nulle lorsqu’on elle atteint la tension dite de claquage.

Dès lors, ce serait une faute de conception que de ne pas correctement ajuster les composants puisque cela risquerait d’occasionner des retours coûteux au service après vente. C’est ainsi un impératif rationnel que de calibrer l’ensemble des condensateurs en sorte qu’ils rendent l’âme le plus possible au même instant…

En pratique, la tension de service est peu ou prou, imposée par le type de circuit et c’est par le calibre et/ou la technologie des condensateurs que l’on déterminera la durée de vie de la carte électronique. La loi d’airain ici est que pour allonger la vie, il faut augmenter le volume des condensateurs (ce qui nuit à la miniaturisation) et corrélativement leurs coûts…

Une règle empirique approximative assure une durée minimale de six ans pour une tension de service inférieure de 20% à la tension de claquage.

Tuner FM « caisson » d'Esart (1973)

Tuner FM « caisson » d’Esart (1973)

C’est semble-t-il cette règle qu’ont respecté les keiretsu japonais dans les années 60, qui ont laminé toute l’industrie électronique grand-public européenne (ultérieurement et une fois le marché « nettoyé », ces conglomérats toujours vivants de nos jours sont « montés en gamme »…). À l’opposé, en Europe, on programmait une durée de vie beaucoup plus longue, voire indéfinie… Ainsi (un exemple parmi d’autres) je jouis d’un tuner FM d’une TPI française (Esart-Ten) très estimée à l’époque qui assure toujours de bons et loyaux services après plus de 40 ans. Il coûtait trois fois plus cher que son équivalent japonais, mais il durait plus de sept fois plus longtemps

Un tel écart de prix était incompréhensible pour le client à l’époque et il se trouvait déjà des économistes néo-libéraux pour expliquer que le « différentiel » de prix était entièrement dû à l’écart de coût de main d’œuvre…

Au demeurant, on conçoit que l’industrie n’ait pas envie de communiquer sur ce paramètre qui, moyennant un calcul actuariel, permettrait de comparer plus justement les prix…

En outre, le client est, pour des raisons épistémologiques, inéluctablement aveugle sur ce qu’il achète – n’en déplaise aux économistes qui essaient de nous faire croire en la possibilité d’une transparence des marchés. Il pourrait se sentir « le dindon de la farce » s’il savait que le fabricant détermine précisément la durée de vie espérée…

L’obsolescence programmable des ordinateurs

Peu de secteur d’activité ne programme l’obsolescence de leur matériel avec plus de facilité que celui des ordinateurs. Certes il faut bénéficier de la mansuétude de l’autorité européenne de la concurrence et du service national de répression des fraudes – ce qui n’est vraiment pas une gageure !…

En effet, il suffit d’entrer dans le programme d’installation (ou de la mise à jour) du système d’exploitation (OS), le code de la génération matérielle en deçà de laquelle l’installeur refusera de faire son travail pour contraindre le client à racheter un nouvel ordinateur, s’il veut continuer à bénéficier, non seulement des mises à jour du système, mais surtout, des mises à jour de ses logiciels d’application…

Naturellement, la plupart du temps, le nouvel OS tourne parfaitement sur les anciennes machines mais la complexité des systèmes actuels rend le contournement des mesures de protection (du racket ;-) fastidieux et, à terme, vain, de sorte qu’il faut vraiment aimer le « fun » pour se consacrer à ce genre de jeu…

Mais, me direz-vous, l’(es) entreprise(s) de logiciel système est (sont) séparée(s) des fabricants d’ordinateur : leurs intérêts sont donc distincts
Ils sont distincts mais convergents…
En effet, en 30 ans, la taille des logiciels, à fonctionnalités semblables, a été multiplié par 1000, ce qui exige des ordinateurs 1000 fois plus puissants et donc induit « spontanément » l’obsolescence des anciens matériels. Ainsi, l’augmentation permanente de ressources matérielle que décrit l’équation de Moore (dite « loi de Moore ») est-elle « absorbée » par l’évolution parallèle des logiciels.

Du reste, il faut garder en mémoire que presque toutes les ventes d’ordinateur sur le territoire de l’UE sont illicites pour « vente liée ». Des accords commerciaux léonins lient fabricants et société de logiciel système, de façon à sceller ces pratiques mafieuses – avec la bénédiction de la Commission européenne…

Certes 999/1000 de ce code est donc inutile et produit essentiellement… de la chaleur ; c’est la conséquence de l’accélération du développement informatique et de l’adaptation à des plateformes matérielles et systèmes incompatibles, i.e. à la « concurrence non faussée »…
Si l’on veut être économe en ressources matérielles alors, il faut sortir de l’économie de marché et se tourner vers des logiciel-systèmes libres comme les distributions Gnu/Linux ou FreeBSD. Du reste, les entreprises les plus directement sensibles à la consommation d’énergie que sont les fermes de serveurs exploitent massivement des logiciels libres à tous les niveaux, en partie pour cette raison…

« L’objet d’une vie » ?

Pour autant, cela n’a pas nécessairement de sens de concevoir des objets qui durent 40 ans et plus, à l’instar du tuner évoqué plus haut. Ce n’est que la pusillanimité de l’État français, incapable d’imposer le progrès de la mutation des émissions radios vers le numérique aux opérateurs – qui, comme d’habitude, ne voulaient pas investir, il y a 15 ans déjà – qui lui a évité d’être rangé depuis longtemps au rang d’objet de Musée…

De même, le CD (et la notion surannée « d’album ») aurait dû disparaître depuis longtemps, si des transnationales n’avaient trouvées dans des politiciens, notamment du gouvernement français un relais pour maintenir un format caduc de plus de 30 ans, afin de maintenir à toutes forces un marché quasi monopolistique (j’y reviendrai, là aussi ;-).

De façon générale, peu de technologie dépassent le quart de siècle…

Dans le domaine informatique, il est nécessaire de réapprendre son métier, entièrement tous les 10 ans, il est déraisonnable espérer conserver un matériel au delà de cette durée…

Projet Ara : smartphone modulaire permettant la mise à jour et la maintenance élément pas élément

Projet Ara : smartphone modulaire permettant la mise à jour et la maintenance élément pas élément

On voit que le cycle de vie varie suivant les objets et selon les technologies, il n’est donc pas possible de fixer par avance de durée minimale. Néanmoins si l’on souhaite prolonger le plus possible l’espérance de vie de toutes nos prothèses, alors il est nécessaire de normaliser les marchés afin de limiter la concurrence de solutions équivalentes mais incompatibles et surtout imposer la publication des formats et API (Application Programming Interface) – condition d’une vraie concurrence libre – ce qui veut dire aussi imposer une certaine modularité dans tous nos objets, à l’image du projet Ara de tablette et smartphone et de ce qui a toujours été le cas pour les ordinateurs de bureau, sur le plan matériel…

 

Emaux (le 29 novembre 2014 )

____
(*) Sentant peut-être, le vent écologique tourner, Epson vient de surprendre le marché en proposant un système sans cartouches… Comme prévisible, les imprimantes correspondantes retrouvent leurs véritables prix : pas moins de 250€. Reste à confirmer que les têtes d’impression soient plus durables, comme c’est probable ;-)

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4 réflexions sur “L’obsolescence programmée existe, je l’ai rencontrée…

  1. MO Morandi dit :

    Bonjour,

    La vente matériel/logiciel est plutôt une vente forcée qui le consommateur à acheter quelque chose quand il acquiert un autre bien ou service. C’est une pratique déloyale.
    A quand une interdiction totale de cette pratique ?
    Amicalement

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    • Oui, c’est l’autre face de la même idée juridique, la vente liée « force » l’achat d’un logiciel système dès qu’on achète un ordinateur. La puissance des transnationales du secteur informatique est tellement grande que les gouvernements français successifs ont, à chaque fois, renoncé, ne serait-ce qu’à obliger la publication du prix de la licence du logiciel dont l’achat est forcé !

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  2. Bon, on commence par quoi, par le titre ?

    « L’obsolescence programmée existe, je l’ai rencontrée… »

    Super. On lésine pas sur les points de suspension à base de « j’ai un secret lourd à révéler, mais ILS viendront me chercher si j’en dis trop. Devinez vous-mêmes… »

    Avec un « je l’ai rencontrée », le minimum que j’attendais, ce sont des témoignages des ingénieurs ayant fait ces sabotages. Comme d’habitude, absents. Ces témoignages sont faciles à trouver par exemple pour le sabotage en performances (quand le produit d’entrée de gamme est le produit version de luxe saboté, ou pour les équipements militaires, moins bons en version exportée qu’en version locale).

    Alors, l’exemple des t-shirts :
    « En apparence, il s’agit ici d’une obsolescence résultant « d’opportunité » de fabrication plutôt que de conception mais en réalité il s’agit, là comme ailleurs, d’une question d’économies cachées, d’économies inavouables, d’où le malaise à communiquer sur ces questions… »
    Ils ont fabriqué moins solide par économie. Non, ils ne vont pas s’en vanter, on ne fait pas de marketing sur les points faibles.

    à part ça les Chinois savent faire des T-Shirts qui durent si on les paie suffisamment pour ça (ce qui reste moins cher qu’en Europe de l’Ouest). D’ailleurs ils savaient faire des vêtements en soie bien avant nous.

    Mais dans votre exemple, les vêtements sont donnés à Emmaüs car trop vieux QU’ILS SOIENT ENCORE EN BON ÉTAT OU NON ! Donc, quel intérêt de les faire assez solides pour durer au-delà ?

    « Je laisse le soin aux écologistes de faire le bilan du nouveau circuit de production de vêtements par rapport à l’ancien, plus durable… »
    Plusieurs problèmes différents. Les économistes, mêmes néolibéraux, sont tous d’accord sur le fait qu’aujourd’hui, personne n’incite les industriels à privilégier le durable.

    Bon, sur les imprimantes, je note qu’ici, la concurrence sur les cartouches est bonne, mais qu’elle devient mauvaise au paragraphe suivant.

    Je passe à l’informatique :
    « En effet, en 30 ans, la taille des logiciels, à fonctionnalités semblables, a été multiplié par 1000, ce qui exige des ordinateurs 1000 fois plus puissants et donc induit « spontanément » l’obsolescence des anciens matériels. Ainsi, l’augmentation permanente de ressources matérielle que décrit l’équation de Moore (dite « loi de Moore ») est-elle « absorbée » par l’évolution parallèle des logiciels. »

    Non, pas à fonctionnalités semblables. Si vous êtes prêts à utiliser Word en noir et blanc, sans correcteur automatique, vous pouvez utiliser un vieil ordi. Je l’ai fait un été, parce que je logeais dans une pension où les vols étaient fréquents.

    Et oui, Moore a énoncé sa loi pour vendre toujours au même prix hors inflation des processeurs toujours plus puissants, au lieu de vendre la même chose de moins en moins cher.

    Sauf que ces enfants gâtés de consommateurs veulent les dernières améliorations. Ils veulent des jeux où chaque fantassin a l’intelligence d’un personnage majeur d’un jeu d’il y a deux ans.

    Et vous, qui écrivez un article sur ce sujet, vous n’avez même pas utilisé un site internet visible avec Lynx ! Vous avez utilisé une plate-forme qui inclut des boutons des boutons Facebook et Google+. Non, vous ne pouvez pas exiger des constructeurs qu’un ordinateur vieux de 10 ans supporte ça !

    J'aime

    • La titraille peut être en décalage ironique avec le contenu : c’est une licence journalistique on va dire…

      Sur le fond tu te méprends sur mon discours, je ne parle absolument pas de sabotage mais au contraire de conception rationnelle en fonction d’un certain coût visé, c’est tout…
      J’explique aussi pourquoi les industriels sont mal à l’aise pour communiquer sur cet aspect de leur production.

      Quant aux preuves, pour certaines (informatiques ou électroniques) « l’ingénieur », c’est moi c’est donc mon témoignage. Pour ce qui concerne la confection, va sur le site du Relais que je donne. Ce sont les meilleurs experts de ce secteur. Je me borne à reprendre ce qu’ils disent. Pourquoi auraient-ils développé une ligne industrielle de recyclage des vêtements invendables en 2e marché, s’ils avaient pu les revendre ?

      De façon générale, j’aurais pu fournir des preuves détaillées mais mon billet serait devenu très technique, aurait fait 500 000 signes et personne n’aurait été jusqu’au bout – sauf ceux qui connaissent déjà ce que je raconte et ce n’était pas le but…

      Sur les autres points tu me prêtes beaucoup trop d’intentions ; je me borne à établir des inférences… De plus, tu manques d’attention dans ta lecture…
      Je ne suis pas contre la concurrence, en général, je demande qu’elle soit vraiment libre, c’est-à-dire faussée par une instance supérieure. Je pense aussi que la concurrence n’a de sens que lorsqu’il y a un véritable marché, et non pas dans les situations de « monopole, de fait »…
      Je maintiens mes chiffres pour le développement logiciel, notamment du fait de la généralisation de l’émulation et des machines virtuelles…

      Sur la plateforme utilisée (wordpress.org, elle a l’avantage d’être libre, gratuite et basée au USA ;-)
      Sous Firefox, tu trouveras toutes les extensions pour supprimer tous les scripts et traqueurs qui consomment des ressources…

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